Les grandes conceptions de l’homme dans la pensée occidentale, appréciation historique et critique

Semaine du 4 au 8 janvier  2010

Pierre MAGNARD
Docteur d’Etat ès Lettres
Agrégé de Philosophie
Professeur émérite
à l’Université de Paris-Sorbonne

L’homme, disait Protagoras, est la mesure de toute chose. Les Grecs mesuraient le monde à l’homme et l’homme au monde : ce principe de commensurabilité était le fondement de la sagesse. Avec le christianisme, l’homme devient image de Dieu : il grandit en puissance et en dignité ; sa liberté rejoint la liberté divine.

L’image cependant n’est pas la pleine réalité, la créature n’est pas le créateur. Les conciles dogmatiques inspireront l’architectonique scolastique de Boèce à Thomas d’Aquin : le modèle trinitaire donne son statut à la personne ; Nicée et Chalcédoine imposent cette religion du Fils qui, par adoption, fait de tout homme un enfant de Dieu.

Le passage du monde clos à l’univers infini, à l’aube des temps modernes, exaltera la grandeur de l’homme, mais lui rappellera sa petitesse : Descartes et Pascal en interpréteront le paradoxe, tandis qu’un mouvement tendant à affranchir la raison de la foi fera naître un esprit de libre examen et une anthropologie de la démesure qui conduiront au paroxysme de la déshumanisation.

Est-il aujourd’hui un moyen pour arrêter le processus d’autodestruction auquel est en proie l’humanité ?

Valorisation : 2 crédits ECTS