Chronique des anciens planteurs de patates !
A peine trois mois que nous sommes ici et déjà nous avons expérimenté le miracle de Philanthropos ! Venus du Canada, de la Chine en passant par la Côte d’Ivoire, catholiques de toujours ou convertis de la dernière heure, charismatiques ou adeptes de la messe en latin : rien ne nous prédestinait à nous rencontrer un jour. Et nous voilà pourtant 26 d’une nouvelle promotion, qui parlons la même langue, celle de l’Église universelle, dans toute la splendeur de la charité.
Débarquant dans ce pays de Suisse où le lait coule à flot (sous les deux espèces du fromage et du chocolat), nous nous sommes immédiatement plongés dans l’aventure de la vie fraternelle et l’eau de vaisselle : tous les services, et la vie en communauté, constituant la partie pratique et expérimentale de notre formation anthropologique. Qui de nous en arrivant pensait pouvoir contenir dans son cœur 26 nouveaux amis, sans compter tous ceux qui gravitent autour de la célébrissime promo 6 ! Notoriété que nous devons plus à nos talents de sportifs et de comédiens, qu’à la virtuosité de notre chorale ! Il nous faut relever le défi de concilier au quotidien les exigences de cette vie fraternelle, spirituelle et intellectuelle : les trois piliers de Philanthropos, clés de la fécondité de cette année.
Les cours dispensés à l’Université et à l’Institut, par leur densité et leur pertinence sont de la dynamite spirituelle à l’état pur !!! Peu à peu nous prenons conscience qu’il nous est donné de nous former dans la totalité de notre être, pour découvrir qui nous sommes et discerner le projet de Dieu sur nos vies.
Cette formation dure une année mais nous y posons les fondations de toute notre existence. Loin de nous couper du monde dans un cocon privilégié, nous apprenons à nous ouvrir intelligemment à tous les défis de notre temps et de notre société. Nous ne sommes pas là pour condamner le monde mais pour le maintenir à la bonne température par toute la joie et l’espérance engrangées ici. Rien de tout cela ne serait possible sans la vie de prière, ciment de notre communion fraternelle : car ce n’est pas la jeunesse qui donne la foi mais la foi qui donne la jeunesse. Et, comme le dit joliment l’un de nos professeurs, si nous ne sommes pas là pour chercher la vérité, alors autant retourner planter des patates, ce sera plus utile à l’humanité !

Dans son encyclique «La charité dans la vérité», Benoît XVI souligne le sens et le rôle du don. Non pas comme un additif ou un correctif destiné à « humaniser » la vie en société, mais comme une composante nécessaire à tout groupe social. Le don comme «expression de la fraternité».