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Anthropologie fondamentale

Fabrice HADJADJ
Fabrice HADJADJ
Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, Agrégé de Philosophie, Professeur au Collège Saint-Michel de Fribourg, Directeur de l'institut Philanthropos

On sait que Diogène sortait dans les rues d’Athènes en plein jour avec une lanterne ; à ceux qui l’interrogeaient sur ce qu’il faisait ainsi, il déclarait simplement : « Je cherche un homme. » Une autre fois, à son retour des Jeux olympiques, on lui demanda s’il y avait foule : « Oui, dit-il, mais les hommes étaient rares. »

De fait, la plupart des gens cherchent être médaille d’or du 100 mètres, ingénieur des mines, Miss France, Superman ou bon catholique, et se soucient peu d’être humains. Quand on leur demande les résultats du championnat ou les nouveautés de la collection automne-hiver, ils savent assez facilement répondre. Mais quand on leur questionne sur ce que c’est que d’être homme (question pour le moins élémentaire), ils sont très embarrassés. Surtout les scientifiques (qui semblent en savoir plus long sur le trou noir). On pourrait objecter que, humains, nous le sommes déjà, et qu’il n’y a pas à le devenir, ni à savoir, donc, ce dont il s’agit, pour pouvoir l’atteindre. Certes. Mais l’homme a cette étrange capacité d’être inhumain, ce qui n’est pas le cas du chien ou de la moule, lesquels sont toujours respectivement canin ou marinière (à moins qu’il ne faille dire « mytilienne »…).

On rétorquera qu’il est temps d’en finir avec cet embarras. L’homme n’est plus à la mode. Il est obsolète. L’humanisme est en crise. Place au posthumain ! Ne vaut-il pas mieux, en effet, se tourner vers le bonobo ou vers le cyborg, vers le néant ou vers l’au-delà ? La farce humaine n’a-t-elle pas assez duré ? — Notez toutefois que c’est un homme qui parle ainsi et que sa réplique fait donc elle-même partie de cette farce, laquelle est probablement la chose la plus sérieuse, et devrait avoir de beaux jours devant elle.

Oui, peut-être qu’il ne s’agit pas de sortir de l’embarras, mais d’y entrer plus à fond. En espagnol, une femme embarrassée est une femme enceinte. Socrate rappelle à Théétète que c’est là, dans l’étonnement et l’embarras, que se joue le « travail » et la fécondité philosophique : « L’état où justement se trouvent ceux qui me fréquentent, cet état est tout pareil à celui des femmes qui enfantent. »

Bibliographie

  • Josef Pieper, Qu’est-ce que philosopher ? éd. Raphaël.
  • G.K. Chesterton, L’Homme éternel, éd. Dominique Martin Morin.
  • François-Xavier Putallaz et Bernard Schumacher (dir.), L’humain et la personne, éd. Cerf.
  • Fabrice Hadjadj, Réussir sa mort et La profondeur des sexes (éd. Points-Seuil).

Introduction

1 – Vers le posthumain ?
2 – Qu’est-ce que l’anthropologie ? Quel discours sur l’homme ? (Comparaison des sciences expérimentales, des sciences humaines, de la littérature, du mythe, de la philosophie et de la théologie)

Première partie : L’être humain

3 – L’homme, un animal fabuleux
4 – L’homme, c’est-à-dire aussi la femme

Deuxième partie : Le savoir humain

5 – De l’environnement au monde : être d’une certaine manière toutes choses
6 – Ce que parler veut dire

Troisième partie : L’agir humain

7 – Double fin : le bonheur et la mort
8 – L’animal politique et donc religieux

Quatrième partie : Le faire humain

9 – Être et avoir
10 – Produire et œuvrer

Conclusion

11 – Pour une métaphysique de la personne humaine
12 – Retour au mystère et à l’embarras : Personne et Trinité

Quand ?

Semaine du 2 au 6 septembre 2019

Où ?

Institut Philanthropos