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L’être et l’autre : Heidegger et la parole, Lévinas et l’altérité

Fabrice HADJADJ
Fabrice HADJADJ
Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, Agrégé de Philosophie, Directeur de l’Institut Philanthropos
E. MEJIA
E. MEJIA
Docteur en Philosophie, Professeur au Collège Saint-Michel (Fribourg)

ÊTRE – MONDE – PAROLE
INCURSIONS DANS LA PHÉNOMÉNOLOGIE DE MARTIN HEIDEGGER
(le 27 avril – E. Mejia)

Être – monde – parole. Une réflexion à propos de ces trois mots ci-dessus permettent d’accéder au plus vif de l’endurante méditation de Heidegger. Celle-ci s’ancre dans notre époque, qui se caractérise par ce que Hannah Arendt appelle l’aliénation de l’homme moderne à l’égard du monde. Chez le penseur, cette aliénation est pensée comme une perte de monde, qui est aussi une perte de relation à la parole, sur fond d’oubli de l’être. Comment « être », « monde » et, d’abord, « parole » sont-ils aujourd’hui effacés ? D’où vient cet effacement ? Quelles en sont les « répercussions » dans l’existence de l’homme ? En vue de quoi regagner une entente de ces phénomènes et comment ? Quel rôle la philosophie peut-elle jouer dans ce regain salutaire ? Voilà des questions susceptibles de jalonner nos incursions.

Emmanuel Mejía a été chargé de cours et professeur suppléant à la section de philosophie de l’Université de Lausanne. Il a publié divers articles et édité des ouvrages collectifs, chez Payot Lausanne et Vittorio Klostermann, portant principalement sur les pensées de Hegel et de Heidegger.

EMMANUEL LÉVINAS, DE L’ÉROTIQUE À L’ÉTHIQUE
(le 28 avril – Fabrice Hadjadj)

Le totalitarisme n’est pas qu’un accident de parcours. Loin d’être lié à l’irrationalité d’un prétendu fou furieux (Staline, Hitler…), il correspond à une tentation de la rationalité elle-même, et plus spécialement de la philosophie, avec sa pente à faire système, à dissoudre le particulier dans le général, à résorber l’autre dans un concept, à perdre les visages au profit des idées. Emmanuel Lévinas est le penseur du XXe siècle qui, singulièrement, obstinément, remonte la pente et renverse la perspective : la vérité n’est plus dans le dévoilement de l’être mais dans la révélation de l’autre ; elle n’est pas d’avoir le dernier mot, mais de se tenir dans la première écoute. Ainsi le visage d’autrui reste irréductible, si faible, si ignorant soit-il, il est toujours le maître qui m’investit dans ma responsabilité et rend absurde toute tentative de totalisation savante.

Ce cours, cependant, parlera d’abord de sexe. C’est en partant de l’érotique qu’il arrivera à l’éthique, car c’est un fait trop peu remarqué chez ceux qui étudient Lévinas, mais qui résonne fortement aujourd’hui : l’ouverture à la transcendance a son fondement dans le désir, et plus concrètement dans le désir tel qu’il se déploie à travers la différence sexuelle. C’est en commençant par critiquer l’idée romantique de la fusion et en affirmant le pathétique de la relation amoureuse, où l’autre, qui a pour lui la figure du féminin, reste absolument autre, que Lévinas parvient au sens de la plus exigeante responsabilité.

Quand ?

Jeudi 27 et vendredi 28 avril 2017

Où ?

Institut Philanthropos