Menu
Anthropologie philosophique
Nombre d'heures
28
heures
Crédits ECTS
2
crédits

Histoire de la philosophie contemporaine

Laurence ROUSSEAUX
Docteur en Philosophie

 

Ce cours se propose d’introduire à la phénoménologie, nom que donne Edmund Husserl (1859 – 1938) à la voie philosophique qu’il entend ouvrir au début du siècle dernier et dont l’influence, considérable, s’étend jusqu’aujourd’hui. L’entreprise husserlienne, dont on analysera les concepts majeurs (vécu de conscience, phénomène, réduction phénoménologique transcendantale, intentionnalité, constitution), a pour préoccupation principale la théorie de la connaissance. Y entrer supposera, sur le plan historique, une solide familiarisation avec notamment deux de ses principaux inspirateurs, Descartes et Kant, et, sur le plan philosophique, une certaine endurance aux paradoxes, qui semblent nombreux dans son œuvre complexe.

Professeur à Göttingen entre 1906 et 1916, Husserl attire et enthousiasme un grand nombre d’étudiants, futurs philosophes eux-mêmes, réalistes convaincus, qui se passionnent pour ce qu’il appelle un « retour aux choses mêmes », mais résistent à le suivre lorsque leur devient manifeste, en 1913, au moment de la parution de ses Ideen I, ce que l’on a coutume d’appeler son « tournant » idéaliste.

Le cours accordera un intérêt privilégié à l’une de ces phénoménologues de la première heure, tenant d’une phénoménologie dite « réaliste », Édith Stein, qui est certainement la plus connue des membres du cercle de Göttingen, non pas en raison de l’envergure de son œuvre philosophique, encore ignorée, mais de son itinéraire de vie aussi exceptionnel que dramatique.

Le travail d’Édith Stein est particulièrement propice à une initiation à la phénoménologie, qui permette à la fois d’en mesurer la fécondité et les limites. Édith Stein reconnaît en effet jusqu’à la fin de sa vie en Husserl le maître qui l’a fait entrer en philosophie, mais elle n’en émet pas moins très tôt des réserves à l’égard de son idéalisme, réserves qui se transformeront en critiques, à mesure qu’elle donne naissance à sa propre œuvre. Rompue à la méthode phénoménologique, celle qui fut à vingt-cinq ans l’assistante brillante de Husserl, éprouve aussi le besoin, après son baptême dans l’Église catholique, de s’initier à la pensée de saint Thomas d’Aquin, en passant plusieurs années à le traduire. De cette plongée dans l’œuvre du Docteur commun naît chez elle le désir, vécu comme une mission, d’une « confrontation entre philosophie scolastique et philosophie moderne ».

On s’interrogera sur les enjeux et les limites d’une telle tentative de confrontation, mais aussi et surtout sur sa fécondité philosophique, notamment pour l’un des thèmes privilégiés de la phénoménologie steinienne, à savoir l’analyse de la personne humaine.

Bibliographie

-Descartes, Méditations métaphysiques

-Husserl, Méditations cartésiennes

Quand ?

les lundis de 10h30 à 12h au 2d semestre

Où ?

Institut Philanthropos