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Formation artistique

Stage de clown

Philippe Rousseaux
Philippe Rousseaux

Aux lieux du péril croît
Aussi ce qui sauve
Hölderlin

L’année commence avec un stage d’intégration (ou de désintégration, c’est à voir) autour du clown. Le clown n’est pas le comique ni le bouffon. Il ne cherche pas à faire rire, et il ne se moque pas des autres. Ce qui le caractérise plutôt, c’est un très grand sérieux, un sérieux métaphysique même : la moindre chose l’émerveille, une mouche par exemple, et c’est pourquoi il rate la marche et tombe.

À la différence du jeu de l’acteur, qui part d’un imaginaire pour lui donner réalité sur le plateau, le jeu du clown consiste à partir de ce qui est donné sur le plateau (les accidents, les imprévus, les réactions des spectateurs) pour ouvrir un imaginaire. C’est donc une école d’attention et de relation, et, par là, une école de vie, puisque la vie est tout le contraire d’un programme : ouverture à ce à quoi on ne s’attend pas, rebondissement après la chute, et même « bonheur dans l’échec », comme dirait Herman Melville. C’est là où l’on se laisse déséquilibrer, que l’on avance ; là où l’on accepte d’être dérouté de son projet, que l’on rencontre l’autre ; là où l’on paraît condamné, que commence la grâce. Saint Jean de la Croix a formulé à la perfection le commandement de misère et de miracle, de todo y nada qui gouverne la vie clownesque : « Pour venir à ce que tu ne sais pas, il te faut aller par où tu ne sais pas. Pour arriver à ce que tu ne possèdes pas, il te faut aller par où tu ne possèdes pas. Pour parvenir à ce que tu n’es pas, il te faut aller par où tu n’es pas. »

Le but de ce stage n’est pas de se bidonner ni de construire un « spectacle de clown », mais, à travers des jeux et des exercices liés au clown, de creuser l’expérience humaine, et de mieux percevoir en quoi nous sommes des êtres de relation, qui ne se déploient que d’accueillir ce qui est donné.

Quand ?

25 au 28 septembre 2020